Les Brûleries

En partant du bourg de DIXMONT, suivant la RD 122, après 4.3 kilomètres de route sinueuse et boisée, on atteint le hameau des Brûleries. II est situé au sud-ouest de la commune à une altitude de 193 mètres.

I.e finage des “Bruslis” devenu “Brûleries” doit son nom aux “brûlis” effectués à la fin du XVème siècle pour essarter les taillis et broussailles. Ce hameau socle est environné de hameaux forestiers de tailles variées, en partie disparus :  “Place-à-Gort”, “les Bauquins”, “Les Coquillons”, “Les Barats”, “Luxembourg”, “les Bois le Roy”, “Chesneviron”. En contrebas, se trouvent les fontaines du Sucré avec deux “moulins à eau” et une chapelle, que la Communauté des Bruslis a voulu faire ériger en succursale paroissiale (acte d’assemblage communautaire daté du 30 avril 1697).

Il est fait mention dans les études de l’Abbé PISSIER “qu’en 1217, les religieux de Saint Marien d’Auxerre, plantèrent de la vigne sur la côte qui domine la fontaine du Sucrey”. En 1959, deux vignerons sont encore déclarés ; cinq ares pour l’un, sept ares pour l’autre.

La chapelle dédiée à Sainte Véronique, patronne des blanchisseuses, était de fondation ancienne. En 1777, on y célébrait la messe de temps en temps, pour satisfaire la dévotion des gens du voisinage. Vers 1860, un pan de mur seul était encore debout.

Deux traditions contradictoires pour deux statues nous sont restées, il s’agissait :

– Pour les uns, d’une Sainte Véronique en pierre qui se fit tellement lourde qu’il fallut un attelage de six boeufs pour parvenir à la bouger,

– Pour d’autres, d’une Saint Jean Baptiste en bois ; quatre chevaux furent attelés pour le monter aux Brûleries, mais les animaux n’ont pas voulu le tirer, une femme le prit alors dans son tablier et le remonta dans une maison du pays où il était encore en 1946.

Depuis cette époque, chaque année le 24 juin, il était de coutume de faire la toilette du Saint et de le fleurir. La coutume s’est perdue mais la Saint Jean est restée la fête patronale jusqu’en 1954.

Les habitants devaient se rendre à la source pour y puiser l’eau potable. Deux grandes mares étaient utilisées pour l’arrosage des jardins, mais surtout pour y abreuver les animaux. La mare “commune” servait un peu au lavage, la mare “le Marchais Jarbu” (issu du patronyme Garbu en 1560) au centre, était surtout pour les troupeaux.

Le 30 novembre 1947, le conseil municipal décide l’installation d’un lavoir mobile et couvert au Sucré. Les femmes se rendaient au bord du ruisseau du Sucré avec linge, planche à laver et garde-genoux dans leur brouette jusqu’en 1970, année où l’eau fut installée.

Les Brûleries, en 1851, étaient le siège d’une véritable industrie; celle des maillons (petites grilles de verre filé, rondes ou ovales à un, deux , trois ou quatre trous qui servaient à dévider la soie). Un bon maillonneur pouvait confectionner 3 000 maillons par jour. Un atelier existait et de nombreuses personnes travaillaient aussi à domicile. Ce travail était plutôt effectué par les femmes, travail minutieux bien rémunéré (trois francs par jour de travail, c’était magnifique à l’époque car le kilogramme dc pain valait quatre sous). Les maillons étaient utilisés dans les métiers à tisser la soie par les canuts lyonnais essentiellement.

En 1856, il est fait mention d’un aubergiste aux Brûleries (avec salle de billard).

Fin XIXème début XXème, il y eut également une épicerie.

Ce hameau eut aussi son école. Le baron Adolphe d’Eichtal, banquier, propriétaire du domaine de la Mine, souhaitait faciliter la scolarité des enfants des hameaux éloignés du bourg. C’est grâce à sa générosité que deux écoles furent construites: l’une aux Brûleries, l’autre à la Borde à la Gousse.

L’école des Brûleries devait attirer les trente-neuf enfants des deux cent cinquante-neuf habitants du hameau et de ses écarts voisins. Elle fut ouverte en octobre 1880. En juin 1967, la décision de fermer la petite école fut prise.

En 1947 fut effectué le montage de la ligne électrique sur les hauts pylônes servant à électrifier le réseau ferroviaire en direction de Paris PLM.

Sources: Lieux-dits par A. NOËL, études historiques de l‘Abbé PISSIER, La Glane, journal des Ecoliers et des Francs Camarades, cahiers du SID par G RIBEILL.