La Borde à la Gousse

Ce hameau est situé au nord-est de la commune à une altitude d’environ 235 m.

L’origine de son nom : On trouve couramment le mot « BORDE » dans notre contrée; il désigne une zone d’habitation aux confins d’un territoire, en bordure d’un défrichement. « GOUSSE » nom de source ? ou voir texte ci-dessous sur la chapelle

Ce hameau est particulier de par les gros blocs de grès apparaissant en quelques endroits. L’inventaire des polissoirs du nord de l’Yonne atteste la présence de trois polissoirs fixes à la Borde à la Gousse. On y trouve également des silex taillés. La collection de Francisque GAY a permis d’établir un « diagramme des stades culturels en région Othe » et donc pour notre hameau : quelques pièces acheuléennes, une industrie moustérienne abondante et de nombreux outils du néolithique moyen et récent.

Ce hameau était doté d’une chapelle déjà édifiée en 1560. Elle était sans doute de fondation privée. Peutêtre avait-elle été créée par quelque habitant à la fin du XVème siècle lors de la refondation du hameau sur le terrage de Richarde la Gousse, qui a donné son nom à l’exploitation ? En 1697, la statue de Notre Dame de Pitié fut enlevée de l’Eglise de Dixmont pour être transportée dans la dite chapelle.

Cette chapelle était dédiée aux apôtres Saint Philippe et Saint Jacques dont la fête avait lieu le 1er mai. Une messe y était dite chaque année à cette date jusqu’en 1865. Cette date a été conservée pour la fête du hameau jusqu’en 1965.

En 1923, les habitants demandent au conseil municipal la destruction de ce bâtiment en très mauvais état construit à l’intersection de la rue de la Chapelle et de la rue de l’Ecole. Il fait saillie sur l’alignement et gêne la circulation.

Ce hameau qui était l’un des plus importants de la commune eut aussi son école. Le baron Adolphe d’Eichtal, banquier venu acquérir le domaine de la Mine, souhaitait faciliter la scolarité des enfants des hameaux trop éloignés du bourg. Il acheta les parcelles nécessaires à l’édification d’écoles publiques. Le 21 avril 1879, le conseil municipal vota la construction de deux écoles : l’une à la Borde à la Gousse et l’autre aux Brûleries.

La commune comptait alors 1709 habitants. L’école de la Borde à la Gousse devait attirer les 51 enfants des 427 habitants du hameau et de ses écarts voisins. Cette école a fonctionné jusqu’en 1970.

Ce hameau eut même une épicerie – café – « dancing » jusqu’en 1925 ainsi qu’un lieu-dit « Palais Royal » où les hommes se réunissaient pour y déguster la « gnôle » distillée à ce même endroit jusqu’en 1938.
Des années 1945 à 1951 environ, une épicerie alimente le hameau (dépôt) et ses alentours par des tournées.

Il subsiste une grande mare qui servit aux lavandières du village. Une plus petite fut comblée en 1967.

Sources :
Cahiers du Syndicat d’initiative par G. RIBEILL, Etudes historiques sur Dixmont de l’Abbé PISSIER, Le silex et
le grès par Pierre GLAIZAL, Souvenirs de Madame BERTRAND, Noms de rues et chemins par Alain NOËL.